• Triathlon d'Embrun


    Après un premier essai au Triathlon Courte Distance d'Auxonne en 2009, je m'étais fixé comme objectif de participer à un iroman. Ce sera celui d'Embrun le 15 aout 2010. 

    Natation (3800m) :
    Dimanche, 5h30 du matin, il fait encore grand nuit. Je me dirige dans le parc à vélo afin de mettre ma combinaison et de ranger mes affaires. Quelques minutes avant le coup d’envoi, la pression monte subitement. Le speaker nous demande de frapper dans nos mains pour le départ et là tout le public y prend part et on se rend alors compte de cette présence si nombreuse.
    6h00, le coup de pistolet retentit, signe du départ d’une journée mémorable. Nous voilà donc à foncer en ligne droite vers la première bouée qu’il faudra laisser à notre gauche. La bataille n’est pas féroce, quelques coup tout de même mais rien de bien méchant. Le passage à la première bouée ne fait pas trop de remous et ensuite, direction la deuxième qui nous est indiquée par un camion de pompier situé sur la rive… on se repère donc au gyrophare bleu (facile à viser de nuit). Pour la fin du tour, le jour commence à se lever et on y voit de mieux en mieux. La deuxième boucle, au soleil levant, est magique. Un décor sublime se découvre et mes sensations sont meilleures. Je finis la natation en 1h18, soit près de 40 min après le passage des premiers. Pour me motiver, je me dis qu'il y a de quoi faire sur le vélo.


    Je ne perds pas trop de temps à la transition et me voilà parti à l’assaut des montagnes qui vont montrer leur plus dur aspect en cette journée.

    Vélo (188 km, 3600 dénivelé) :
    Le début de parcours avec une température tout juste suffisante (surtout encore mouillé par la natation) monte tout de suite sur les hauteurs d’Embrun. La journée sera longue et personne ne semble s’enflammer à l’attaque de cette partie vélo. Je commence par bien tourner les jambes, afin de finir de m'échauffer correctement. Le soleil levant me permet une vue imprenable sur le lac de Serre-Ponçon aux alentours du 25ème kilomètre pour la première descente de la journée. Celle-ci m’amène sur le Pont de Savines qui enjambe le lac. Je rejoins un peu plus loin Embrun pour un passage au milieu de la foule qui s’était déplacée de quelques mètres pour nous encourager dans la côte de Baratier (que l’on retrouvera pour la course à pied). Les sensations sont plutôt bonnes, enfin surtout le fait de doubler beaucoup de concurrents partis avant moi me le font penser.
    La suite du parcours toujours sur les hauteurs nous amène ensuite dans la vallée du Guil qui me fait déjà penser au gros morceau de la journée… le col de l’Izoard.
    Son approche dans la vallée est assez roulante mais ce que je pressens déjà ne sera qu’une confirmation lorsqu’au 75ème kilomètre on tourne à gauche pour entamer le col… Je préfère ne pas me mettre à la planche car je me dis que le parcours n’est pas encore fini. La deuxième partie de la montée, en lacets nous protège du vent mais la pente est plus rude donc le compteur ne décolle pas vraiment. Au Pas de la Case, on a droit à la fameuse descente au milieu de la montée… J’avais l’impression qu’elle est longue mais en fait, à peine le temps d’atteindre les 50km/h que la fin de la montée est déjà là et ce petit élan ne me mène pas bien loin. Je retrouve quand même de bonnes sensations pour ces 2 derniers kilomètres du col. Au sommet après 100km, je prends juste le temps de remplir mes poches au ravitaillement, de fermer mon maillot et me voilà parti pour la descente vers Briançon.
    Je fais la descente à bloc, sur route fermée, il y a moyen de se faire plaisir dans les trajectoires! J’en profite pour manger et pour me préparer à la fin de parcours. La traversée de Briançon nous fait retrouver du monde qui nous encourage avant de retourner vers le sud pour le retour. Après un petit secteur de plat, la côte de Pallon arrive avec un pourcentage important et le soleil qui commence tout doucement à se faire sentir. Cette côte de 4 ou 5 kilomètres me rappelle que j’ai déjà consenti des efforts depuis le matin et mes cuisses me rappellent à leur bon souvenir. Le 38x27 m'est bien utile en cette fin de parcours. Heureusement, beaucoup de gens ont rejoint cette bosse et les encouragements ne se font pas prier. A la suite de cela, une petite route sinueuse va nous faire rejoindre Embrun avec une descente assez technique mais j’ai l’impression que mes jambes sont bonnes et j'arrive encore à doubler des concurrents. A l’entrée d'Embrun, on ne rejoint pas directement le parc à vélo mais il nous reste un "petit" détour d’une grosse dizaine de kilomètres. Il reste à gravir la côte de Chalvet qui même si ce n’est pas la plus longue de la journée n’est pas la plus facile : 7km et un pourcentage qui n’a rien de roulant surtout après déjà 175 kilomètres. J’ai quand même de bonnes sensations dans cette bosse et je rattrape du monde en me disant que ma transition avec la course à pied devrait bien se passer. La dernière descente assez sinueuse dans Embrun n’est pas très bonne et je préfère ne pas prendre trop de risque vu la fin de la journée qui s’annonce.

     


    Je rejoins finalement le parc à vélo en réalisant les 188km en 6h18min. Je prends le temps de mettre mes baskets et trouve que le parc est encore bien vide, je me dis que c'est bon pour moi!

    Course à pied 42,195 km (dénivelé 400m):
    Le marathon se fait en deux tours. Le début du parcours nous fait faire le tour du plan d’eau où quelques heures avant, nous commencions notre course… du temps est passé et avec lui les jambes en ont vu depuis... Après cette petite boucle on entame la première montée du parcours qui nous emmène au centre de la ville d’Embrun, sur les hauteurs, où on retrouve pas mal de monde. Les ravitaillements s’enchaînent, et là, je perds mon petit gobelet que les organisateurs nous avaient fourni. Il m'est donc impossible de m'hydrater. J'arrive à en trouver un, mais avec cette chaleur, cette erreur me coûtera cher. Ensuite vient la descente vers la Durance. On a droit à un petit aller retour le long de la digue qui me permet de voir les concurrents de devant que je vais tenter de rattraper et en même temps de surveiller si il y en a derrière moi susceptibles de me reprendre. Après cela, la deuxième côte du parcours est celle de Baratier… Tiens tiens, on y est déjà passé ce matin ici, mais c’était en vélo et ça allait plus vite. J’ai tout de même de bonnes sensations et sous un rythme pas très soutenu mais régulier, je passe assez bien cette bosse. La descente vers Embrun est assez roulante et il ne reste que 6 ou 7 kilomètres pour finir le premier tour.
     
    Commence alors un passage à vide où mes jambes se durcissent. Au passage au parc à vélo, je perds encore du temps. Je fais donc un deuxième tour, mais il sera beaucoup moins rapide. Si je n'avais pas encore marché jusqu'à présent, je suis à le faire. Je me fait violence et me dit qu'il faut courir. Je crois que j'ai moins mal, mais je souffre encore. Je m'arrête aux ravitaillements, où ce qui nous est proposé me plaît de moins en moins mais je me force quand même à manger. Encore la montée dans Embrun, encore l’aller-retour sur la digue et encore la côte de Baratier pour la dernière fois. Je retrouve là un triathlète que j'avais distancer à la fin du vélo. C'est le frère du futur vainqueur, Zamora. Je me dit qu'il ne faut pas que je le lâche d'un millimètre. A aucun moment je ne faiblis et je garde son rythme. Nous rattrapons même un peu de monde dans cette fin de deuxième tour et je me dis que j’ai de très bonnes chances de finir. Au sommet de cette dernière côte, il reste la descente puis un dernier tour du plan d’eau. Le dernier kilomètre est tout plat, je retraverse le parc à vélo et savoure cette fin de parcours pour passer sous l'arche d’arrivée que j’attendais tant.


    Je finis en 11h24min mais le principal n’est pas le temps ni la place. J’ai fini Embrun et c’est ça qui compte, de très bonnes sensations, des souvenirs pleins la tête. En tout cas un résultat au delà de mes espérances.

    Embrunman 2010 :

    Rang Nom Prénom Nat Club Natation Vélo Marathon Total
    1. Zamora Marcel ESP Triathlon Aix 0h46'46" 5h55'12" 2h53'59" 9h38'50"
    30. Brigaud Thomas FRA Dijon Triathlon 1h18'41" 6h18'25"
    3h38'48"
    11h24'14"

    Voici l'enregistrement de mon Garmin

    NB : la natation n'apparait pas car mon gps n'est pas amphibie


  • Commentaires

    1
    Roche Jean Paul
    Samedi 20 Novembre 2010 à 13:04
    Embruman
    Bravo Thomas, Très belle et encourageante reconversion. Zamora est très fort et particulièrement dans ta discipline. Ce qui a plombé ton classement c'est la natation @+
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